Hier, nous avons eu droit à un contrôle de la répression des fraudes.
Notre première question à l'inspecteur a été : Pourquoi nous ?
Il nous semblait qu'il fallait avoir une raison pour faire un contrôle et il y en avait une. Nous avions mis sur notre site internet certaines informations qui ne leur semblaient pas vraiment claires. Par exemple le fait que nous donnions la provenance de nos barriques d'occasions, cela ne leur plaisaient pas.
Donc, nous avons du fournir les factures pour prouver les provenances de ces barriques, mais nous avons décidé d'un commun accord de supprimer cette information de notre site internet.
Le controleur, même si il venait principalement pour cela, a réalisé également un contrôle de nos registres légaux obligatoires (sortes de cahiers où nous inscrivons nos mises en bouteille, nos entrées et sorties de vins, nos capsules congées, nos achats de raisins etc....). Ce sont des cahiers qui nous prennent plusieurs heures par mois à remplir et nous devons toujours être à jour. Donc, il a procédé au contrôle de ces différents livres, mais comme nous les tenons de façon méthodique et régulière, il n'y a pas eu de problème.
Ensuite, l'échange s'est plutôt bien déroulé avec des vraies informations, des conseils sur les mentions etc...
Mais, il faut dire que nous avons eu la chance d'avoir un controleur professionnel, rigoureux et compréhensif (humain). Nous nous imaginions, comme souvent en France, rencontrer des fonctionnaires qui débutent leur investigation en partant du principe que vous êtes un escroc...
Car, il faut dire que nous avions déjà été controlé par la répression des Fraudes au début de notre activité (il y a plus de 5 ans déjà !). Lorsque nous avons fait notre bts viti-oeno, nos professeurs nous avait conseillés d'appeller la répression des fraudes si nous avions des intérrogations ou questions.
Nous étions certainement naïfs, mais nous avions des doutes sur certaines mentions que nous pouvions mettre sur nos étiquettes et nous avons donc contacté la répression des fraudes locale. Bien sûr, nous n'avons pas eu de réponse, mais plutôt une question : Qui êtes-vous et où est votre chai ? Nous serons là demain matin pour un contrôle de l'activité !
Les deux contrôleurs sont donc arrivés, carte de police à la main et ils ont tout regardé de fond en comble en notant minutieusement tous nos DAA (documents des douanes) un par un. Et nous, on arrêtait pas de leur dire que nous les avions appellé pour un problème précis, qui était nos mentions sur les étiquettes. Nous n'avons pas eu de réponse de leur part, mais plusieurs assertions fausses comme le fait de nous dire que nos cuvées qui titraient 14,5 % alc.vol n'étaient aptes pour l'AOC, car, selon eux, en côtes de provence le vin devait titrer 12.5 % alc.vol.
Cela est bien sur une grossière erreur. D'ailleurs, s'ils étaient un peu plus connaisseurs de la chose, ils sauraient qu'un vin rouge systématiquement à 12,5 % d'alcool en provence tous les ans (avec le soleil et les cépage que l'on a !), c'est très difficile à obtenir... (du moins avec des raisins murs aptes à réveller le terroir).
Donc, on peut dire que dans cette profession comme dans les autres, il y a des gens professionnels et des gens qui visiblement ne sont pas très motivés par leur travail et ne cherchent pas l'excellence.
Commentaires