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Le Blog des Dupéré Barrera
Ce samedi, petit break, malgré le travail au chai et à la vigne, j’ai décidé de prendre une journée pour accompagner les membres de notre club de dégustation (l’Avenir du Vin de Marseille) pour une petite virée oenophile dans les dentelles de Montmirail.
Nous débutons la journée par un domaine assez classique : les Amouriers (rien à voir avec les amours mais plutôt avec les muriers). L’accueil est très sympathique, les vins sont dans l’ensemble bien fait même s’ils manquent un peu de vision et d’ambition par rapport à leur superbe terroir. J’ai préféré les vin de pays (à 4 euros !) et les simples côtes du Rhône (notamment 2003) aux Vacqueyras chauds et manquant d’élevage (pas de bois du tout). Pour les amateurs de tisane de chêne américain, il reste encore du 2001 en 100 % syrah (haut de gamme à près de 15 euros).
Le domaine évolue lentement et ces efforts qualitatifs devraient se retrouver dans la bouteille dans les millésimes à venir (abandon du désherbage chimique et travail du sol, arrêt du chêne américain pour des boisés français et des demi muids etc).
Pause le midi au restaurant (le classé « trois marmites » par le guide Hubert à Gigondas) les Florets. Le cadre est superbe (au pied des falaises calcaires des dentelles de Montmirail) et le rapport Q/P au rendez-vous. A noter une entrée et un dessert d’exception !
On file ensuite à Cairanne, passer voir le nouveau caveau de Marcel Richaud. Nous sommes reçus très gentiment par madame Richaud, toujours très présente au domaine. Il n’y a pas grand-chose à vendre, il faut attendre la mise des 2005 à venir ! Je repart tout de même avec un Magnum des Estrambords 2003 (lui aussi classé « ténor de l’année » par Pierre Casamayor).
Puis retour à Gigondas au domaine Santa Duc ou nous sommes reçu royalement par Yves Gras très prolixe qui va nous tenir en haleine plus d’une heure (présentation des vignes et du travail en bio, de la vinification, des petites histoires avec Robert Parker qui passe chaque année au domaine etc) avant d’attaquer la dégustation des vins du domaine.
Les vins sont très denses, tanniques (non éraflés) et les élevages bien maîtrisés (a noter la présence de pas mal de barriques de Dominique Laurent qui se fournit avec Tardieu à Santa Duc pour quelques pièces de Gigondas). La cuvée prestige s’appelle les Hautes Garrigues issues de vignes ancienne autour du domaine en dessous du village de Gigondas. Cette cuvée est parkerisée et devant la passion des membres de l’Avenir du Vin, Yves n’hésite pas à aller chercher dans sa cave perso une bouteille de hautes garrigues 1995 (notée 95/100) pour étudier le potentiel de vieillissement. Il y a de la marge, très belle bouteille.
Le personnage vigneron est extraordinaire et visiblement très doué pour la communication de sa passion. Du coup, impossible d’en placer une, personne ne parle et d’ailleurs, je ne me suis même pas présenté en tant que vigneron ou négociant. Ce n’est pas grave, l’important était de s’ouvrir les papilles et l’esprit à ce qui se fait de mieux dans les côtes du Rhône méridionale !
Une belle journée donc mais qui me fait penser que finalement en Provence, on a des terroirs largement aussi intéressants que ceux de Gigondas, Vacqueyras ou Cairanne mais qu’en l’absence de vignerons passionnés, on n’est pas prêt de retrouver la gloire de cette époque lointaine ou les romains commençaient à planter de la vigne sur les bords de la méditerranée plutôt que sur les galets roulets ou les caillasses des bords du Rhône !
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