Le Blog des Dupéré Barrera
Hier soir, nous avions décidé de boire un des rares (seul ?) grand cru classé de Bordeaux qui soit issu d'une agriculture certifiée biologique : un Pontet
Canet 2004.
Le vin était noir, très boisé et... délicieux pour ce type de produit marketé par un décret de 1855.
Mais que voyez vous sur cette photo ?
A droite un bouquet d'Ikébana très sobre, à gauche la bouteille de Pontet Canet qui est non seulement chère mais très très lourde (la bouteille vide pèse près
de 800 grammes !!!)
Au milieu une bouteille de chez nous qui pèse vide moins de 500 grammes. En fait, c'est un choix environnemental. En effet, ces deux vins ont pour vocation d'être bus loin de leur lieu de
production et le poids du verre (et l'énergie utilisée pour les fabriquer) alourdissent les bilans carbone, les coûts de transport etc...
Bref, le consommateur devra un jour choisir entre le paraitre et l'être... Ca viendra plus vite que l'on ne le pense. Déjà au Québec, la SAQ (le monopôle d'état, l'un des plus gros acheteurs de
vins au niveau mondial) favorise de plus en plus les verres alégés pour des raisons environnementales (notamment dans leurs appels d'offres).
Allez les grands crus du bordelais, un petit effort pour la planète !
et pour finir encore un bouquet du jour avec une branche de pin du mont Faron :
j'aimerais moi aussi commercialiser mes cuvées dans des bouteilles plus légères. Malheureusement, le type de bouteille que j'utilise actuellement n'existe pas en version allégée. C'est bien dommage; mais le verrier préfère d'abord alléger les bouteilles standards que d'alléger les bouteilles spéciales. J'ai bien compris dans leurs propos que faire de l'allégé dans les bouteilles spéciales reviendrait à faire du spécial pour du spécial. Quand je vois le prix auquel je paie mes bouteilles par rapport à du standard, je vais être patient :-)
On a eu une visite de personnes du CIVC ces derniers jours pour faire une étude "bilan carbone". Ca va permettre de voir là où on peut progresser encore.
Je ne m'inquiète pas trop car on a déjà fait beaucoup avant que le sujet devienne à la mode. Ce serait long à détailler, mais ça pourrait faire l'objet de plusieurs articles sur mon blog.
Bien à vous et continuez sur votre lancée !
Franck
Mais je ne pense pas non plus, vu le petit nombre de bouteilles distribuées à Lisson dans l'année, que cela sauverait la planète. Le transport se fait souvent par des particuliers/amateurs, qui achètent en directe au domaine et profitent d'un déplacement de vacances dans le Midi, pour ce faire. Les clients, qui biennent à pied au en vélo sont plutôt rares, mais j'en ai déjà vu.
Mais vu que le domaine tourne pricipalement à l'huile de coude et que le seul moment, où nous devant brancher le groupe éléctrogène dans la fabrication du vin, c'est pour faire tourner la capsuleuse au 220, j'ai encore assez bonne conscience:-) - même l'ordinateur marche à l'énergie solaire!
Mais plus sérieusement: je vous sais sincères dans votre démarche, mais j'ai les poils qui s'hérissent, quand je lis les grands article de marketing des grosses sociétés, qui se vantent de baisser leur bilan carbone et être des bienfaiteurs de l'environnement, en lancant leurs vins dans des tetrapack ou même des bouteilles PET...
c'est en effet une question d'actualité, je suis en train de commander mes bouteilles pour mon tirage de Mai.
L'"allegée" commence à être dispo chez tous les distributeurs...Par chez nous, c Pommery qui a fait les premiers essais grandeur reelle.
Pour moi, cette année, c'est l'abandon des bouteilles en verre blanc ou transparent...Meme si c'est une tendance forte pour les rosés champenois, quand on sait que cela necessite 5 fois plus de CO2 par rapport au verre vert, on se dit qu'il y a des choix à faire.
Bon, et en plus le vert protege mieux le vin.
Sinon, moi j'ai décidé de boire avant-avant-avant hier soir, soit le meme soir que vous, un 2004...pas bordelais mais Nowat TLM...en parti direct, en parti carafé...ça envoit!
Benoît évoquait :
Pour moi, cette année, c'est l'abandon des bouteilles en verre blanc ou transparent...Meme si c'est une tendance forte pour les rosés champenois, quand on sait que cela necessite 5 fois plus de CO2 par rapport au verre vert, on se dit qu'il y a des choix à faire.
Ah ! ?
Heureusement que j'ai lu ces commentaires.
J'ignorais totalement ce bilan.
Les commerciaux n'abordent pas toujours ce rapport, et ces modes de production.
Comme quoi on ne se pose jamais assez de questions,
pour chaque jour remettre son ouvrage en question, pour faire bien à mieux, plus naturel et plus propre.
Pourtant je trouve très joli, pur, le rosé en transparence
dans ces verres ''blanc''.
Amitiés vigneronnes,
Francis