En fait au départ, j’aurais pu intituler ce billet : « premier coup de pelle à la Procure » (clin d’œil d’ailleurs au billet de jean luc
Thunevin qui vient de débuter le terrassement de son chai à Maury).
Mais à la réflexion, le début de la construction du chai n’est pas le jour où l’engin attaque physiquement le terrain (le chai sera enterré de 3 mètres
environ).
Pour que la pelle mécanique (une trente tonnes tout de même !) puisse faire son travail, il fallait avoir le permis de construire (donc le statut jeune agriculteur
subventionné dans notre cas), il fallait trouver le financement (donc un projet viable et des bons vins qui se vendent), il fallait trouver le lieu de l’édification du domaine (et là, en Provence
vu la rareté des terrains, ce n’était pas évident).
Et quand on parle de domaine, on parle de terroir. Si en Bourgogne, vous connaissez le classement de la moindre parcelle de vigne (villages, premier ou grand cru), en
Provence les romains (plus cool que les moines bourguignons apparemment), ne nous ont rien laissé comme classement.
De plus, contrairement à Bordeaux, nous avons eu la chance d’éviter l’invasion des british (donc pas de classement type 1855 basé sur le prix à l’époque des vins des
crus devenus classés).
Reste la solution de la vérité du verre : goûter le produit du terroir avant d’acheter la parcelle.
Difficile car vous n’êtes pas sans savoir que la Provence produit désormais quasiment que des vins rosés technologiques qui révèlent pas vraiment les potentialités des argiles constitutives de
nos sols.
Bon ben après cela, on fait intervenir au choix, l’intuition, la chance (hasard ou coïncidence), l’étude des micro climats et des cartes géologiques et hydro géologiques du BRGM (bureau de
recherches géologiques et minières de l’état français où j’ai d’ailleurs travaillé quelques années avant de me lancer dans le vin), voire un mixte de tout cela.
Les pierres et la terre végétale sont stockées séparemment pour des usages ultérieurs...
Bon le gris de la brume matinale de la Procure s’est levé :
Manu commence tranquillement la taille des parcelles les plus délicates.
Il fait beau, à midi nous déjeunons (sandwich aux olives bio) dans nos vignes, le chef du chantier, monsieur José Da Silva, nous raconte comment lui jusqu’à l’âge de
17 ans au Portugal taillait des vignes pour gagner un peu d’argent…
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